Que fait-on après avoir investi près d'une décennie dans un projet qui n’a pas marché comme prévu ?
#1 - Posons le contexte
Ola !
Bienvenue dans cette toute première édition de Founder Naked !
C’est juste dingue, je m’apprête à commencer à dévoiler ce sur quoi je travaille depuis près d’un an… J’en ai des frissons ! Mais d’abord, je me dois dans ce premier numéro de poser le contexte.
Si tu me connais d’une précédente expérience, ou de Linkedin, je me devais de raccrocher les wagons. Et si tu es nouveau, ravi que tu me lises ; je vais t’expliquer comment on passe d’une sortie en faisant la gueule après 9 ans de travail acharné, à un nouveau projet fou.

Si ce n’est pas déjà le cas, tu peux aussi :
Me suivre sur Linkedin, où je publie des posts complémentaires,
Découvrir les services que je propose, notamment dans le secteur de la finance…
… mais pas encore découvrir Licorn, ma nouvelle boîte.
Allez, c’est parti !
Au programme
Résumé des épisodes précédents
Faire son deuil
Faire le tri entre ce que l’on sait faire et ce que l’on veut faire
Trouver son rythme vie pro / vie perso
Financer son projet
Dans les épisodes précédents
Je vais essayer d’aller vite, pour ne pas être chiant. Et parce que le but n’est clairement pas de lancer une newsletter égocentrique, dans laquelle je ne parle que de moi. Dans les prochains numéros, je serai bien sûr toujours transparent, y compris sur le vécu, mais je me concentrerai davantage sur l’opérationnel et les choses activables pour vous.
Ici, pour poser le contexte, je te propose un résumé express en mode bullet points, avec un petit schéma dessous qui reprend ces points (suivant si tu es plutôt texte ou visuel), de ce que j’ai fait jusqu’alors et qui m’a amené à lancer mon nouveau projet et Founder Naked.
En quelques mots :
Je suis ingénieur en génie industriel ;
Je suis passionné de chocolat et de pâtisserie, où j’ai fait stage (Valrhona) et petit boulot (Maison Sève à Lyon) en parallèle de mes études de commerce,
En 2014 j’ai été repéré par un fonds d’investissement, qui m’a embauché,
En 2015 je m’associais avec le dirigeant de ce fonds pour monter une plateforme de crowdfunding. Je suis alors parti d’une feuille blanche, j’ai créé le produit, géré l’opérationnel, et on a placé en 8 ans plus de 150M€ dans des PME puis dans de l’immobilier,
En 2024, la crise immobilière nous a mis à l’arrêt, on ne pouvait plus payer les salaires. J’ai quitté l’aventure avec tous les salariés,
J’étais alors, à ce moment-là, en novembre 2024, litérallement “au fond du trou”. Je suis parti m’enfermer dans une grotte.
Si tu as regardé l’image et que tu te demandes “pourquoi la gestion de patrimoine au milieu de tout ça” : c’était dans le cadre du développement de notre offre et du produit. Flop.
Mais comme c’est surtout beaucoup de droit, ça me sert toujours aujourd’hui sur le volet juridique et social, et ce sera l’occasion de partager des tips juridiques dans de prochaines éditions de la newsletter !
L’ours en hibernation
Chacun sa façon de gérer une crise personnelle d’une telle ampleur. Moi je suis la version “ours” : je pars m’enfermer et je ne parle plus à personne.
Non pas que je sois du genre à “bouder” lorsqu’il y a des sujets chauds à gérer au sein d’une équipe, au contraire. Mais quand ce que vous avez bâti pendant 9 ans à la sueur de votre front, part en miettes, je pense qu’on ne réagit pas comme d’habitude.
Pour ma part c’était complètement paradoxal : je ne pouvais plus rien faire, je ne voulais qu’une chose c’était me détacher de mon ordi, aller bétonner mes 100m de bordures dans mon jardin, faire des trucs qui m’épuisent physiquement, et ne pas me retrouver derrière un ordi.
Et en même temps j’étais tellement paniqué à l’idée de ne pas savoir quoi faire derrière… que la première chose que j’ai faite, c’est passer 3 semaines à réaliser un POC1 sur ce que je pouvais envisager derrière comme projets d’entreprises.
Une fois rassuré sur mon avenir, j’ai fait tous les trucs les plus physiques que je pouvais faire en extérieur pendant 2 mois, sans quasi toucher à mon ordi. Mon dieu ce que ça m’a fait du bien !
Bref, j’ai fait un burnout.
Faire le tri entre ce que l’on peut faire, et ce que l’on veut faire
C’est amusant parce qu’avant que tout ne parte en live, 2 ans avant pour être exact, j’ai annoncé à mon associé que je souhaitais partir pour monter ma propre entreprise, et un produit axé autour de la gestion de patrimoine digitale. Finalement je suis resté et on a ouvert un nouvel axe de développement, et je me suis formé une semaine par mois pendant plus d’un an, à la gestion de patrimoine.
Alors naturellement quand j’ai fait mon POC, une de mes pistes était de réutiliser mes connaissances, mon réseau, mes compétences… pour faire ce que je n’avais pas pu faire aboutir. Faire faire en somme “ce que je savais faire”.
Je voulais mêmes l’appeler “Hereca”, en référence aux femmes, et à la pédagogie/vulgarisation financière que je voulais embarquer au sein de l’expérience d’investissement.
Bref, c’était la facilité. C’était logique.
En parallèle, sur un même modèle de plateforme et sur la même stack technique, j’ai commencé à développer un tout autre produit, bien plus ancré dans ma passion pour la gastromonie.
Et je dois avouer que je me suis aussi renseigné pour faire une formation professionnelle en pâtisserie et une autre en boulangerie. Je m’excuse d’ailleurs auprès de l’Atelier des Chefs, à qui j’ai pris du temps et posé plein de questions. Pour rien finalement.
Have a break 🍫
Tout ça c’était avant mon break, que j’ai pris après le POC.
Après 2 mois à utiliser pelle et pioche, et à laisser mon cerveau vagabonder comme il l’entendait en parallèle de mes coups de truelle, je n’avais plus aucun doute.
C’est un luxe de pouvoir faire un vrai break. Il faut presque que ça nous arrive par hasard, mais une pause dans sa vie professionnelle est une chance extraordinaire. On devrait pouvoir s’accorder cela tous les dix ans, pour savoir ce que l’on fait ensuite.
Et je ne parle pas d’un voyage d’un mois en Indonésie entre deux jobs : si vous savez déjà ce que vous faites après votre break, les dés sont pipés. Ou alors tu romps ta période d’essai et tu changes de cap, mais c’est pas facile.
Mais tu vois le point : quand on a la tête dans le guidon, on envisage pas les autres routes possibles. On se concentre sur ce que l’on sait faire, et on oublie ce que l’on aime faire.
C’est pas le monde des Bisounours non plus, mais on peut a minima essayer de concilier un mimum savoir et passion. Avec le recul nécessaire.
Trouver un nouveau rythme
En mars 2025, voici ce que je savais :
Je voulais bosser sur quelque chose qui me passionne, et je savais quoi,
Je voulais faire tout le début seul, sans associé, sans équipe, et consacrer la majorité de mon temps sur le produit,
L’IA me permettait déjà de coder beaucoup plus vite, et ça n’allait aller qu’en s’améliorant,
J’allais devoir trouver un rythme qui me permette de tenir sur la durée.
Je me suis donc retroussé les manches, j’ai fortement ralenti les travaux manuels, et je me suis remis la tête dans l’ordi.
Pour ne pas devenir fou, ou simplement me démotiver, la notion de vie perso m’a beaucoup aidé. Avant, dans ma précédente vie parisienne, j’avais déjà l’impression de couper en partant chercher mes enfants à 17h30 et en m’en occupant le soir, mais mon épouse était à 80% et faisait les mercredis. Avec ma création d’entreprise et le fait que ma moitié trouve un job stable bien payé pour nous sécuriser, on a inversé : je m’occupe désormais de nos filles le mercredi.
Et la vache, que c’est dur de bosser 2 fois, 2 jours par semaine ! ça coupe complétement la semaine. Cela vous oblige à appuyer une nouvelle fois sur reset le jeudi.
Et en même temps cela oblige à maximiser, au sens qualitatif du terme, les périodes de travail. Et avec deux jeunes enfants, à vous couper de la vie pro quand vous êtes avec eux.
Fort heureusement je dors peu : je commence à travailler à 5h chaque matin, 6 à 7 jours par semaine, et l’on a mis en place une organisation familiale qui me permet aussi de bosser certains soirs et bouts de weekends.
Bref, tout ça pour dire qu’il faut trouver son rythme, mais que l’entrepreneuriat, et sa fléxibilité, permettent de trouver cet équilibre anormal et personnel, qui vous fait du bien.
Financer son projet d’entreprise
C’est marrant, quelques années auparavant, mon expérience précédente m’aurait énormément servi : parcourir les aides BPI2, contacter des Business Angels, faire des calls avec des VC3… Tout cela m’aurait permis de lever quelques centaines de milliers d’euros, et d’amorcer le développement de mon projet.
En 2025, j’ai pris une licence Cursor4 à 200$/mois, et je me suis lancé.
Alors bien sûr cela fait quand même un budget : j’ai d’autres petites licences à côté, et quelques coûts one-shot. Sur 2025 j’ai eu des dépenses récurrentes d’environ 300€/mois, et j’ai investi quelques milliers d’euros dans mon dépôt de marque, de noms de domaine, et la création de mes sociétés.
Mais ce n’est rien en comparaison des sommes que l’on a dû aligner en 2015 pour créer notre plateforme de crowdfunding. On est sur une toute autre échelle, et c’est en grande partie dû à la révolution que provoque l’IA.
Et à côté de ça il faut bien sûr financer sa vie perso. Pour cela j’alterne entre le chômage (heureusement que nous avons ce dispositif en France pour entreprendre), et les missions de conseil parallèles, toujours ancrées dans le secteur financier et sa digitalisation. La combinaison des deux me permet de développer mon projet sur la durée.
J’en dirai plus sur comment combiner chômage, consulting, et lancement de sociétés en parallèle, dans une future édition, car je pense que c’est un très bon levier pour se lancer quand on a déjà accumulé quelques années d’expérience.
Le mot de la fin
Je vais m’arrêter là pour cette première édition.
C’était personnel, sans vraiment de filtre. Mais cela te pose les bases de ce que je vais développer ensuite dans les prochaines éditions : utiliser mon quotidien de fondateur, sur les volets tech, produit, IA, business, juridique… pour en extraire des bonnes pratiques et des guides concrets et actionnables, que tu pourras facilement utiliser dans ton quotidien.
Pourquoi je fais ça ? Pour construire une communauté de personnes comme toi, curieux⸱se et DOeur⸱se5, qui demain m’aideront à améliorer Licorn grâce à leurs retours.
POC = Proof Of Concept, c’est-à-dire un produit test développé sur un périmètre limité, mais qui permet de tester la viabilité d’une idée.
BPI = Banque Publique d’Investissement, le principal canal d’aides de l’Etat pour les entreprises françaises.
VC = Venture Capital, c’est-à-dire des fonds d’investissement spécialisés dans l’investissement en capital dans de jeunes sociétés.
Cursor = Logiciel de développement informatique proposant une interface alimentée par l’IA.
DOeur⸱se (prononcé /dou-eur/) = anglicisme, désigne une personne qui fait (comme le terme “maker” ou “builder”), en référence au verbe DO en anglais.




